Entre libération et frustrations…... |
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Après deux mois de course, François Gabart est en train de prendre un avantage qui pourrait s'avérer décisif sur Armel Le Cléac'h, tandis que le troisième, Jean-Pierre Dick, a vécu un "lundi noir" qui lui a fait perdre du terrain. Derrière, Jean Le Cam a franchi mardi matin le Cap Horn, Bernard Stamm s'apprête à en faire de même et se ravitailler en essence, donc à être mis hors course...
Et si le Vendée Globe 2012-13 était en train de définitivement basculer dans le camp de François Gabart ? Passé le 1er janvier en tête au Cap Horn avec 1h15 d'avance sur Armel Le Cléac'h, le skipper de Macif semble en train de faire un break décisif sur celui de Banque Populaire. Alors que les deux hommes avaient dévalé une bonne partie de l'Indien puis la totalité du Pacifique côté à côte, parfois même à vue, ils se sont quittés après le passage des îles Malouines (ou Falklands), Le Cléac'h tentant une option plus à l'ouest qui n'a visiblement pas porté ses fruits. Joint mardi matin par son équipe, le Saint-Politain constatait ainsi, un rien désabusé: "Ce n'est pas une bonne journée qui s'annonce, je suis dans du petit temps avec quatre noeuds de vent alors que François a de la brise. Il va encore grappiller des milles ! L'addition va être un peu plus salée dans les prochaines heures."
En deux jours, la note est en effet devenue salée pour le deuxième du Vendée Globe 2008-09, puisque l'écart a doublé, passant de 41 à 83 milles entre dimanche et mardi. Et ce n'est sans doute pas fini à en croire Thomas Coville, sixième de l'édition 2000-01 et invité à la vacation de mardi: "L'écart ne va faire que s'accroître, François est dans une position de force et une dynamique positive." Et comme derrière, Jean-Pierre Dick, alors qu'il revenait à 250 milles du duo de tête, a été brutalement stoppé dans sa remontée, François Gabart a plus que jamais les cartes en mains de ce septième Vendée Globe, lui qui a confié mardi commencer à imaginer l'arrivée, dans moins de trois semaines. "Ça m'arrive de penser à l'arrivée aux Sables, il me tarde d'être dans le chenal, c'est une source de motivation."
Le Cam, quatrième Horn
Derrière lui, la motivation de ses rivaux en a sans doute pris un coup, notamment celle d'un Jean-Pierre Dick qui a raconté avoir vécu "un lundi noir", passé à tenter de réparer une accroche d'étai de son solent (voile d'avant), sous la menace du démâtage de Virbac-Paprec: "L'accroche du bas de l'étai (câble reliant la tête de mât à l'avant du bateau sur lequel est enroulé ou déroulé le solent, ndlr) a cédé, du coup l'étai principal qui tient le mât était battant, ça veut dire que c'était grave. J'ai été obligé d'abattre pour essayer de le remettre en place, mais vous imaginez le bazar, avec la voile qui s'est déroulée, j'ai eu la totale. J'ai passé toute une journée pour essayer de remettre tout ça en place, c'était assez dangereux, j'ai tenté différentes méthodes pour essayer de retendre le gréement, je suis à peu près arrivé à quelque chose de satisfaisant, mais c'était dur. Et pour le classement, c'est forcément négatif." D'autant que derrière, la menace Alex Thomson, revenu à 200 milles du tableau arrière de Virbac-Paprec se précise...
Autre fait notable de ce mardi: le quatrième passage du Cap Horn personnel de Jean Le Cam, qui a basculé dans l'Atlantique à 8h19, six jours et demi après François Gabart. Un soulagement pour le skipper de SynerCiel, pas mécontent de quitter le Pacifique: "C'est un grand moment de tout. Le Pacifique, terminé ! La nuit avant, on a encore pris 40 noeuds, là, c'est bon ! Le nom rassure mais en fait, de Pacifique, il n'y a que le nom." Et le «Roi Jean», cinquième de ce Vendée Globe, de se remémorer ses passages antérieurs: "J'ai une histoire avec le Cap Horn. La dernière fois (lors du Vendée 2008-09), je l'ai passé en double avec Vincent (Riou, qui l'avait recueilli à bord de PRB après son chavirage peu avant le Horn, ndlr), ce n'était pas banal pour une course en solo. En 2004, je l'ai passé en tête sur Bonduelle (il finira deuxième derrière... Vincent Riou), et en 1992, je faisais mon service militaire sur Euromarché (avec Eric Tabarly lors de la Whitbread). Là, je suis passé à un mille, au lever du jour, juste au bon moment, le soleil n'était pas encore levé, j'ai eu un cul, incroyable ! Je me suis régalé, ça fera certainement partie des meilleurs souvenirs."
Stamm ravitaillé en mer
Le skipper de SynerCiel sera imité tard mardi ou mercredi matin par ses poursuivants, dans l'ordre Mike Golding qui, comme à chaque fois, va nous jurer que ce sera son dernier Horn, Dominique Wavre et Bernard Stamm, ce dernier pour ses derniers milles en course, le skipper suisse devant en effet être ravitaillé en essence (une assistance extérieure interdite par le règlement), ce qui lui vaudra d'être mis hors course. De quoi retirer une grosse épine du pied au jury de la course, qui avait accepté de rouvrir l'instruction de son dossier de disqualification suite à son arrêt aux îles d'Auckland et devait se prononcer cette semaine. L'équipe de Stamm a annoncé mardi matin que le ravitaillement aurait lieu en mer, l'intéressé, privé de moyens de navigation et de pilote automatique à cause de sa pénurie d'énergie, ne pouvant approcher un port sans risque pour l'intégrité de son bateau.
Un ravitaillement qui sera assuré à bord du monocoque de 60 pieds, Pakea Bizkaia, par le Basque Unai Basurko, qui avait participé sur ce bateau au dernier Vendée Globe (il avait abandonné), ce dernier étant actuellement à Ushuaia dans le cadre d'un projet environnemental. "Cette aide de la part d'un marin et d'un équipage qui maîtrisent les monocoques 60 pieds a forcément de quoi rassurer l'ensemble du Team Cheminées Poujoulat", précise le communiqué de l'équipe du Suisse, ce dernier ayant confié lundi soir "lors d'une courte communication être extrêmement fatigué du fait des longues heures passées à la barre." La fin du calvaire semble proche, elle s'accompagnera malheureusement pour Stamm de la fin de ce Vendée Globe qu'il terminera hors-course.
Newsweb