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Vieilles Charrues. Comment les artistes sont-ils choisis ?... |
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Une équipe sillonne toute l’année concerts et festivals - trois par semaine, en moyenne - pour construire la programmation des Vieilles Charrues. Une drôle de vie !
Entretien avec Jean-Jacques Toux, programmateur des Vieilles Charrues depuis les débuts. Avec son équipe, il sillonne les salles de concerts pour construire, très à l'avance, la programmation du plus grand festival de France, en Bretagne.
Comment se passe la programmation du plus gros festival de France ?
Avec l’équipe, notre maître-mot c’est : le live. Notre objectif est de voir un maximum de groupes sur scène. Donc on se déplace beaucoup, tout le temps. On ne passe pas trois jours sans aller à un concert. En Bretagne, à Paris, partout en France et dans le monde. Évidemment, il y a les événements un peu incontournables dans la saison. L’Eurosonic, par exemple : un festival aux Pays-Bas où plus de 300 groupes passent sur scène. Ou un gros festival à Austin, au Texas, où 2 500 groupes sont programmés. On écoute tout avant, on fait notre petite sélection, puis on va les voir sur scène ensemble.
Et vous êtes payés pour ça !
On a la chance d’être dans une grosse structure avec des moyens financiers conséquents ! On bouge beaucoup et on échange aussi avec nos collègues des autres festivals : « Tiens, j’ai découvert ce groupe, il passe près de chez toi… »
Votre boulot, c’est de découvrir les nouveaux talents ou de négocier avec les grosses stars ?
Les deux ! Il y a effectivement négociation avec les têtes d’affiche. C’est quelque chose que l’on prévoit très en avance. On ne peut pas se lever un matin et dire : « Tiens, on va programmer Depeche Mode. » Si Depeche Mode n’est pas en tournée de festivals d’été en Europe, déjà, on oublie.
Comment avez-vous décroché Depeche Mode ?
Ça fait une dizaine d’années que l’on demande, tous les ans. Mais le groupe ne tournait pas, ou que dans les stades, ou qu’au mois d’août… Et puis, l’an dernier, on a su rapidement que, enfin, ils venaient en festival en Europe.
Ces négociations peuvent être compliquées ?
Sur les dossiers comme celui-là, les négos sont assez serrées avec beaucoup d’argent et beaucoup de concurrence. Certains festivals sont capables de mettre deux fois plus pour le même artiste. Et… Souvent c’est le chéquier qui dicte la tournée du groupe.
Et quel est le cachet de ces groupes ?
Les budgets sont élevés. Le nôtre varie autour de 4 millions d’euros. Évidemment, Depeche Mode nous demande plus que Roméo Elvis !
C’est difficile de convaincre les grandes stars de venir ?
Aujourd’hui, on a la chance d’être un très gros festival, donc on est connus de tous les agents anglais et américains. Ils savent que leurs artistes vont jouer devant un public très copieux dans des conditions techniques irréprochables avec un accueil incroyable.
De quel artiste êtes-vous le plus fier ?
Côté jeunes talents, il y en a des tonnes, chaque année ce sont un peu nos bébés. Mais si je devais choisir, c’est Neil Young en 2013. Il y a eu Noir Désir aussi en 2001 et Bashung. Et puis, l’an dernier, aussi : Arcade Fire. Pendant une heure et demie j’ai coupé mon portable pour profiter de l’instant.
Et qui imaginez-vous bientôt sur la grande scène du festival ?
Je rêve de voir les Stones, ou AC/DC ou Paul McCartney, Radiohead ou Daft Punk. On y croit toujours ! Et bien sûr tous les jeunes artistes qu’on n’a pas encore découverts, ceux qui quelques mois plus tôt, un soir de février sous la neige des Pays-Bas, nous ont déclenché une émotion folle. Ceux qui font l’essence de notre passion.